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À Ségou au Mali, des kiosques alimentaires solidaires

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Une vendeuse de beignets au Mali. (Photo d'illustration)
Une vendeuse de beignets au Mali. (Photo d'illustration) Gamma-Rapho via Getty Images - Francoise CAVAZZANA

L’économie solidaire au quotidien au Mali, c’est cette entreprise qui installe des kiosques alimentaires dans la ville de Ségou. Les froufroudromes. On y sert pour pas cher des beignets de froufrou et de la semoule de mil. Nourriture locale, circuits courts et surtout des prix destinés à lutter contre la faim qui touche de plus en plus d’habitants de Ségou. 

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Abidjan, en Côte d'Ivoire, a son célèbre Alokodrome, où l’on déguste des alokos. Ségou, au Mali, a désormais ses froufroudromes. Une initiative de Kibarou Anicet Denat, un hôtelier local qui a installé dans la ville cinq kiosques où l’on mange du froufrou pour un prix raisonnable. « Aujourd'hui, notre combat c’est d’arriver à donner à manger aux gens pour au minimum 100 francs CFA. Et que les gens les plus pauvres puissent manger dans un restaurant propre. C’est donner aussi du boulot à des femmes qui ont besoin de travailler », explique-t-il.

Le froufrou est une galette à base de petit mil, mais les froufroudromes proposent aussi toute une série de plats de céréales ou de haricots locaux, djouga, shofrumé, fari. Car pour Kibarou Anicet Denat, l’important est aussi de se fournir localement auprès des paysans de la région. « Le mil que nous achetons, on l’achète chez les paysans, dit-il. La viande que nous achetons, on l’achète à des bouchers localement, pour que les gens puissent manger quelque chose de chez nous, pour que l’économie puisse se développer circulairement. Il y a toute une philosophie derrière le froufroudrome. »

Et parmi les objectifs, il y a la préservation du patrimoine culinaire local qui a tendance à disparaître, comme l’explique Lidia Dembélé, cuisinière bénévole au froufroudrome : « Les plats que nous préparons ont tendance à disparaître. Les enfants d'aujourd'hui ne connaissent pas ces plats, et nous devons les valoriser ainsi que le patrimoine africain. »

Kibarou Anicet Denat veut à la fois démontrer que l’on peut combattre la faim, tout en aidant les producteurs locaux et en préservant l’environnement. Ainsi les kiosques sont éclairés grâce à des panneaux solaires. « Un panneau de 250 watts, au marché ça fait 90 000 francs CFA. Plus deux batteries, avec 300 000 francs, tu arrives à alimenter ton kiosque. C’est très simple. Donc, je me suis dit : il faut l’énergie renouvelable », explique l'entrepreneur. 

Kibarou Anicet Denat a déjà investi plus de quinze millions de francs CFA dans ses cinq kiosques. Il compte en installer cinq autres le plus rapidement possible. Et pour financer cet investissement supplémentaire, il a lancé une cagnotte participative sur le site Leetchi.

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