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Le Haut Conseil des Togolais de l'extérieur mobilise pour l'investissement

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En termes de climat des affaires, le Togo a progressé de 59 places lors des deux dernières éditions du rapport de la Banque mondiale.
En termes de climat des affaires, le Togo a progressé de 59 places lors des deux dernières éditions du rapport de la Banque mondiale. © CC0 Pixabay/Nattanan Kanchanaprat

« Investir au Togo », c’était le titre d’une discussion en ligne organisée samedi 10 avril par le Haut conseil des Togolais de l’extérieur. Objectif : décrypter le climat des affaires au Togo et partager les expériences de membres de la diaspora togolaise et africaine sur sa participation au développement des différents pays d’origine.

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Du rôle social dans les années 1970-1980, avec la solidarité villageoise, qui s’est traduite par l’accompagnement dans la construction d’écoles ou de puits d’eau, l’apport des diasporas africaines a évolué depuis le début des années 2 000 et pris de plus en plus d’importance, explique Dogad Dogoui, président d’Africa SMB Forum.

« Au-delà du transfert d’argent, il y a l’investissement dans le secteur productif. Premièrement, pour les entreprises, comment aller renforcer le secteur privé qui existe déjà et qui a besoin de fonds propres pour le fonds de roulement, qui a besoin de nouveaux capitaux ? Deuxième élément, accompagner le secteur bancaire local, réceptacle important pour l’investissement de l’épargne – des comptes à terme par exemple – pour les diasporas… », dit Dogad Dogoui.

Pour un investissement de la part de la diaspora cadré et structuré

Sans oublier les places boursières du continent comme la BRVM (Bourse régionale des valeurs mobilières) au sein de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), qui devraient ouvrir des produits spécifiques pour les diasporas, ajoute Dogad Dogoui. Mais il faut que cet investissement attendu de la part de la diaspora soit cadré et structuré. En France, le Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), créé en 2017, dit participer à l’accompagnement des entrepreneurs de la diaspora.

« Il y a souvent un angle mort, parce que quand ces entrepreneurs-là veulent aller développer des activités sur l’Afrique, ils sont exclus des programmes sur place ; ils sont aussi exclus dans la plupart des programmes qui sont proposés en France », souligne le professeur Mbaye Fall Diallo, membre du CPA.« C’est la raison pour laquelle nous essayons de travailler sur cette problématique, pour qu’ils puissent avoir accès à des dispositifs, à des financements, à de l’accompagnement, à du monitoring aussi parce que c’est important, quand on parle d’entrepreneuriat, ce n’est pas juste une question de financement. »

Un autre visage pour la diaspora

Au Togo, la perception de la diaspora commence à changer, selon Cynthia Gnassingbé Essonam, secrétaire générale de l’agence publique Togo Invest Corporation. « La diaspora a toute sa place. Aujourd’hui, le secteur privé togolais – y compris la diaspora togolaise – est considéré par le gouvernement comme un acteur et un partenaire stratégique », assure-t-elle.

Président délégué du CIAN, le Conseil des investisseurs français en Afrique, Étienne Giros recommande aux créateurs d’entreprise, surtout en Afrique francophone comme le Togo, de miser sur la sous-traitance. « Essayer de devenir un sous-traitant des grands groupes ou des groupes moyens européens. Avec la crise du Covid-19, on a beaucoup parlé de la dépendance des grands pays européens vis-à-vis de la Chine, notamment pour les vaccins, pour les produits médicaux, etc. Et on s’est rendu compte que l’Europe avait délocalisé une bonne partie de sa production en Asie. Ma thèse, c’est de dire : “pourquoi est-ce qu’une partie de cette production ne s’installe pas en Afrique ?” », soutient Étienne Giros.  

Mais pour cela une croissance relativement rapide des entreprises africaines, il faut d’abord une amélioration considérable de l’État de droit et des entreprises locales suffisamment compétitives pour jouer dans la même cour que les sous-traitants asiatiques. En termes de climat des affaires, le Togo a progressé de 59 places lors des deux dernières éditions du rapport de la Banque mondiale.

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