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Ouganda: la reprise touristique menacée par le Covid

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Les passagers arrivant sur des vols internationaux sont invités à se désinfecter les mains à l'aéroport d'Entebbe alors qu'ils sont contrôlés pour détecter les signes du coronavirus à l'aéroport d'Entebbe, le 3 mars 2020.
Les passagers arrivant sur des vols internationaux sont invités à se désinfecter les mains à l'aéroport d'Entebbe alors qu'ils sont contrôlés pour détecter les signes du coronavirus à l'aéroport d'Entebbe, le 3 mars 2020. AFP - SUMY SADURNI

En Ouganda, la reprise du secteur touristique attendue cet été menacée par la nouvelle flambée de cas de Covid-19 dans le pays. Les agences de tourisme, qui voient leurs réservations se multiplier pour les mois de juillet et d’août, craignent de revivre la même situation que l’année dernière, alors que les aéroports étaient restés fermés de mars à octobre 2020. 

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Depuis quelques semaines, Samuel Walugembe doit réserver de plus en plus tôt les hôtels et les entrées des parcs nationaux pour ses clients. Après une année touristique difficile, les visiteurs reviennent en Ouganda, et certaines activités affichent déjà complet. « Par exemple, dans le parc de Murchison Falls, mon lodge préféré ne prend plus de réservations, ce qui montre que les touristes sont de retour. En ce qui concerne les permis pour voir les gorilles, certains secteurs sont eux aussi complets, donc oui, les visiteurs reviennent », remarque-t-il.

La reprise reste fragile

De nouvelles restrictions, dont l’interdiction des déplacements entre les districts, ont été annoncés face à la nouvelle vague de cas de Covid-19 dans le pays. Les vans des agences de tourisme sont cependant toujours autorisés à circuler. Innocent Manda, directeur de Pearl Afric Tour, espère que les nouvelles mesures n’effraieront pas ses clients : « J’espère que tant que les aéroports restent ouverts et qu’il n’y a pas de quarantaine imposée, les touristes n’annuleront pas leurs réservations. Sans ces mesures, je pense que les clients devraient venir. »

La crise du Covid-19 a durement touché l’agence d’Innocent Manda l’année dernière. Il craint désormais de nouveaux moments difficiles cet été si la nouvelle vague de cas positif n’est pas rapidement contrôlée. « C’était une année très difficile. On a dû renvoyer chez eux nos employés, et il y a eu beaucoup d’annulations, raconte-t-il. Nos derniers clients étaient en février, donc nous n’avons pas eu de clients entre février et octobre. Les aéroports étaient fermés, personne ne pouvait venir, donc c’était très compliqué. »

Sauver la saison touristique par le respect des gestes barrières 

Dans les bureaux de l’Uganda Wildlife Authority, l’organisation en charge des parcs nationaux, quelques guides touristiques viennent réserver les places de leurs clients pour observer les gorilles des montagnes, (l’une des activités touristiques les plus prisées du pays). Pour Bashir Hangi, à la tête de la communication de l’agence, la saison touristique peut encore être sauvée par le respect des gestes barrières. « Tant que nous continuons à respecter les distanciations sociales, le port du masque, le lavage de mains, nous allons nous en sortir. Mais je crains que cette nouvelle vague fasse peur à certains touristes, c’est ce qui m’inquiète », dit-il.

Selon Bashir Hangi, l’Uganda Wildlife Authority n’a pour l’instant retrouvé que 50% de ses revenus d’avant Covid-19, mettant en danger le travail de conservation des parcs nationaux.

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