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Le Fida réclame une révolution verte

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Des agriculteurs bukinabès (image d'illustration).
Des agriculteurs bukinabès (image d'illustration). Getty Images/Eco Images

Le monde a besoin d'une révolution verte. Une révolution qui prenne en compte les besoins des petits paysans et ceux des consommateurs. C'est l'appel que lance le Fida, l'agence des Nations unies spécialisée dans le financement de l'agriculture en Afrique et dans les pays pauvres. Il faut, explique le Fida, transformer les systèmes alimentaires qui en l'état actuel ne fonctionnent plus.

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Il existe 500 millions de fermes familiales dans le monde, qui font vivre deux milliards et demi de personnes et nourrissent un tiers de la population de la planète. Problème, ces agriculteurs sont pauvres, ils recourent à des pesticides et des engrais dont ils ne maîtrisent pas les effets.

Le Fida, l'agence des Nations unies chargée de financer l'agriculture, veut s'appuyer sur ces petits paysans pour enclencher une nouvelle révolution agricole. « Le Fida veut pousser un développement de l'agriculture familiale et donner un revenu décent aux agriculteurs qui vont donner une nourriture de qualité pour les urbains et les autres populations à travers des circuits courts et des chaines de valeurs adaptées », explique Benoit Thierry, représentant du Fida pour l'Afrique de l'Ouest. 

Mais les petits paysans africains sont-ils préparés à une telle révolution ? Pour le savoir, le Fida les a sondés : « On est parti sur un projet pilote avec l'organisation Radios rurales internationales avec lesquelles on a demandé aux agriculteurs et agricultrices du Burkina Faso, du Ghana, de la Tanzanie et de l'Ouganda comment les systèmes alimentaires devraient être modifiés pour répondre à leurs besoins et à ceux de leur communauté », indique Hélène Paper, directrice du plaidoyer et de la communication globale au Fida. 

Et c'est sur leurs préoccupations que le Fida appuie désormais son plaidoyer. « On a eu près de 75% des personnes interrogées qui ont déclaré qu'elles s'inquiétaient de la qualité des aliments que mange leur famille. Les effets des pesticides et des engrais chimiques par exemple sur la salubrité des aliments. Certains ont souligné les avantages des approches agro-écologiques pour l'agriculture et ceux de baser l'approche alimentaire sur les systèmes agricoles locaux », ajoute-t-elle.  

Accès à de meilleurs intrants, à une meilleure information et surtout aux crédits et aux assurances-climat, voilà ce que le Fida veut renforcer pour répondre aux besoins des petits paysans. Mais qu'en est-il de l'agrobusiness ? Les grandes exploitations ? Faut-il en finir en avec elles ? « Ces gros agriculteurs qui sont liés à des productions malsaines ne tiendront pas le coup », affirme-t-elle.

L'agrobusiness doit s'adapter et le Fida encourage désormais l'agriculture contractuelle. « Il n'y a pas besoin d'occuper un terrain de 5 000 ou 10 000 hectares, il suffit au groupe d'installer une usine de transformation, de passer contrat avec 10 000 paysans qui amèneront chacun leur petit hectare pour cultiver et vendre à la firme agroindustrielle », explique Benoit Thierry.

Il faut donc réconcilier les deux mondes, petits paysans et agro-business, estime le Fida car en Afrique le défi est énorme. Dans les 30 années à venir, la population va doubler.

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