Chronique des matières premières

Le pétrole dépasse les 60 dollars le baril pour la première fois depuis plus d’un an

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Des puits de pétrole au Texas, aux États-Unis. (Image d'illustration)
Des puits de pétrole au Texas, aux États-Unis. (Image d'illustration) REUTERS/Nick Oxford

Ce lundi le baril de Brent a franchi le seuil des 60 dollars, un niveau qu’il n’avait plus connu depuis plus d’un an, au début de la crise du Covid. Les marchés pétroliers, comme les marchés d’action, sont confiants dans l’avenir du plan de relance aux États-Unis.

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À plus de 60 dollars, le baril de Brent a retrouvé son niveau de fin janvier 2020. C’était avant que la crise sanitaire ne cloue les avions au sol et ne mène au confinement des populations sur la planète entière. Désormais l’optimisme semble l’emporter sur les marchés pétroliers. Les stocks mondiaux de brut ont dégonflé de 300 millions de barils, grâce à l’action concertée de l’OPEP+ et à l’effort supplémentaire consenti par l’Arabie saoudite.

File de tankers vers la Chine

Et la demande pétrolière repart. Le nombre de tankers expédiés vers la Chine est à son plus haut niveau depuis six mois, à quelques jours du Nouvel An lunaire. En Inde, la consommation de carburant connaît aussi une forte croissance.

Plan de relance américain imminent ?

Enfin et surtout, les marchés sont confiants sur l’adoption le mois prochain du plan de relance américain : 1 900 milliards de dollars potentiellement injectés dans l’économie des Etats-Unis. Si c’était le cas, le retour au plein emploi pourrait avoir lieu dès 2022, estime la nouvelle secrétaire américaine au Trésor.

Efficacité des vaccins mise à l’épreuve

Pourtant, Janet Yellen elle-même reste prudente sur la reprise économique en observant que pour le moment, le marché du travail stagne aux États-Unis. Les risques sont encore nombreux sur le terrain sanitaire mondial, avec le nouveau variant sud-africain, qui pourrait compromettre l’efficacité de certains vaccins. Les reconfinements se multiplient un peu partout. Sur le terrain pétrolier lui-même, les stocks de brut des États-Unis se sont même alourdis la semaine dernière, à rebours de la tendance mondiale.

Pétrole surcoté selon deux négociants

C’est ce qui fait dire à deux entreprises de négoce pétrolier, Vitol et Gunvor, qu’à 60 dollars, les cours du pétrole sont surcotés et qu’il faudrait qu’ils se calment. Car au-delà de 60 dollars, ils pourraient encourager la reprise de la production de brut, notamment aux États-Unis, et hypothéquer le rééquilibrage en cours du marché pétrolier.

 

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