Chronique des matières premières

L’Albanie pourrait devenir porte d’entrée du gaz naturel liquéfié américain dans les Balkans

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Une vue du port de Vlora en Albanie. (Image d'illustration)
Une vue du port de Vlora en Albanie. (Image d'illustration) Getty Images - Walter Bibikow

Le gaz naturel liquéfié (GNL) américain sera bientôt en vente dans les Balkans via l’Albanie. Un protocole d’accord a récemment été signé par le gouvernement de Tirana et le géant américain des hydrocarbures ExxonMobil pour la fourniture et la construction d’une infrastructure de GNL.

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Ce projet va coûter environ 120 millions de dollars. Financé par ExxonMobil et Excelerate Energy LP, il devrait voir le jour en 2023. Ces deux entreprises américaines vont en effet lancer dès cette année une étude pour évaluer la viabilité de la construction d’un terminal GNL (gaz naturel liquéfie) flottant à Vlora, dans le sud de l'Albanie.

Elles prévoient également d’améliorer les performances de la centrale thermique de cette ville portuaire pour la faire travailler au gaz, une matière première que l’Albanie n’utilise pas pour la production d’énergie. En effet, 90% de l’électricité du pays est produite par des centrales hydrauliques, une source d’énergie qui pose problème en période de sécheresse.

Le port de Vlora, entrée stratégique en Europe

Mais le projet d’Exxonmobil ne se limite pas seulement à l’Albanie. À plus longue terme, l’objectif est d’utiliser le port de Vlora pour la distribution de GNL dans d’autres pays des Balkans. L’Albanie deviendrait ainsi la deuxième porte d’entrée du gaz liquéfié américain sur la côte Adriatique.

En ce début d’année, un méthanier américain a en effet livré sa première cargaison de gaz à la Croatie, qui vient d’inaugurer un terminal GNL sur son île de Krk. Avec l'approvisionnement des Balkans, les États-Unis auront désormais accès à toutes les façades maritimes européennes.

Une ouverture commerciale pour les États-Unis

Ces dernières années, les États-Unis, devenu premier producteur de gaz dans le monde, s’empressent en effet de vendre leur GNL aux pays européens très dépendants du gaz russe. L’ex-président Donald Trump n’a pas hésité à faire pression sur l’Union européenne en brandissant même la menace des sanctions. Une stratégie qui a porté ses fruits. Depuis l’été 2018, les importations européennes de GNL américain se sont envolées. Reste maintenant à savoir si le très écologiste Joe Biden continuera comme son prédécesseur à soutenir les exportations de GNL, qui proviennent majoritairement du gaz de schiste très polluant.

► À lire aussi : Le plus grand projet de GNL depuis cinq ans lancé au Canada

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