Revue de presse Afrique

À la Une: le retour à l’ordre ancien en Algérie

Audio 04:00
Seulement un Algérien sur trois s'est rendu aux urnes.
Seulement un Algérien sur trois s'est rendu aux urnes. © Ryad Kramdi/AFP

Publicité

« Élections législatives : le verdict de la transparence », s’exclame El Moudjahid. « Victoire du FLN aux législatives du 12 juin, précise-t-il, avec 105 des 407 sièges de la composante de la nouvelle APN. Les indépendants arrivent en seconde position avec 78 sièges, devançant le parti islamiste MSP (64 sièges) et le RND (57). Le Front El Moustakbal a obtenu 48 sièges tandis que le Mouvement (islamiste) El-Bina a récolté 40 sièges. »

Pour le site TSA, ces résultats sont plutôt inattendus… : « Le Front de libération nationale créé la surprise en raflant 105 sièges. Fortement contesté par le Hirak pour son rôle dans la gestion du pays ces vingt dernières années et depuis l’indépendance, l’ex-parti unique était donné fini politiquement. Mais le parti a prouvé qu’il disposait d’une base et d’un électorat fidèles. Il est arrivé en tête, donc, loin devant les indépendants, désormais deuxième force politique du pays. Son alter égo, le Rassemblement national démocratique a prouvé aussi qu’il n’était pas mort malgré son soutien inconditionnel à l’ancien président jusqu’à sa chute. »

El Watan s’interroge : « Comment va être perçue une Assemblée avec presque la même configuration partisane que l’ancienne ? Il est vrai que le scénario était devenu prévisible, pointe El Watan, avec le fort taux d’abstention, ces partis ayant quand même un réservoir de voix plutôt considérable, même s’il a baissé par rapport aux élections passées. (…) Durant plusieurs mois, les Algériens n’ont cessé de critiquer, lors des marches hebdomadaires, les deux partis : le FLN, dont ils réclamaient "la mise au musée", et le RND. » Et « aujourd’hui, soupire le quotidien algérien, ces deux formations reviennent au-devant de la scène. Les uns et les autres peuvent diverger sur les raisons ayant conduit à ce scénario, néanmoins, le résultat est là : la future Assemblée risque donc d’avoir presque la même configuration partisane que la précédente. »

« Comment expliquer que ces formations politiques censées être des officines de l’ancien régime ont raflé la mise ? Où sont passées les rues noircies de monde ? », s’interroge en écho Aujourd’hui au Burkina Faso. « À vrai dire, répond le quotidien ouagalais le taux de participation dérisoire, 2 Algériens sur 3 ne sont pas allés aux urnes, et l’opposition aux abonnés absents, sont les seules raisons de ce retour de partis reniés par les populations. Du coup, si la crainte d’un parlement islamiste qui hantait le président Abdelmadjid Tebboune est écartée, celui d’une ombrageuse présence d’une période qui refuse de s’en aller est bien là. Et en boudant les isoloirs, les Algériens ont favorisé cette percée et contribué à délégitimer davantage Tebboune. »

Et maintenant, s’interroge encore Aujourd’hui, « quel gouvernement sera issu de ce parlement, qui ne pourra fonctionner que par alliances ? Le Premier ministre Djerad restera-t-il à la primature ? Quelle Algérie avec le FLN, sans l’opposition et avec un grand trublion nommé Hirak ? »

À la Une également, le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire… Ce sera bien demain jeudi. Confirmation d’Assoa Adou, secrétaire général du FPI, dans la presse ce matin, notamment dans les colonnes de L’Intelligent. Assoa Adou qui a remercié le président Ouattara d’avoir mis à la disposition de son prédécesseur et de ses partisans le pavillon présidentiel de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny.

« Gagnoa attend Gbagbo dans la ferveur », titre pour sa part Notre Voie, le quotidien proche du FPI. Gagnoa, la ville proche de Mama son village natal.

« Cette journée est déjà qualifiée d’"historique", pointe Le Monde Afrique : elle marque en effet le retour d’un homme de 76 ans, qui domine la politique ivoirienne depuis des décennies, comme opposant, président, puis prisonnier. Il revient, selon ses proches, sans esprit de vengeance, mais au contraire pour œuvrer à la politique de "réconciliation nationale". »

Et pour le quotidien gouvernemental Fraternité Matin, il faut tourner la page : « Ce qui importe, c’est l’avenir de ce pays, écrit-il. Et on ne peut construire cet avenir pour les prochaines générations que dans la concorde et la réconciliation. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail