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Tchad: en pleine crise du Covid-19, les petits commerçants attendent l'appui de l'État

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Vue aérienne de N'Djamena, la capitale tchadienne (image d'illustration).
Vue aérienne de N'Djamena, la capitale tchadienne (image d'illustration). SIA KAMBOU / AFP

Au Tchad, les mesures barrières prises par le gouvernement pour faire face à la propagation du coronavirus sont progressivement levées. Pour les commerçants et petits artisans qui ont dû fermer pendant quatre mois, la situation est devenue intenable. Malgré l’annonce d’un assouplissement de la fiscalité pour toutes les entreprises, cela ne risque pas de soulager tout le monde…

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Tata Wadaye est restauratrice. Son entreprise qui propose des plats aux travailleurs qui n’ont pas le temps de rentrer déjeuner chez eux, gère aussi des cantines scolaires. Elle se souvient de ce jour du mois de mars, quand tout s’est arrêté : « On était en plein service et les stocks périssables que j’avais faits, tout est parti en l’air. Même pour le recouvrement je n’ai pas pu avoir l’argent des parents d’élèves. »

Les mois qui ont suivi ont été difficiles. N’Djiya Gali Ramses gère un restaurant-bar : « Notre commerce est du genre où l’on vit chaque jour. Tu ouvres aujourd’hui, tu trouves quelque chose. Si tu n’ouvres pas, tu ne trouves rien. Le peu que l’on a eu, on a dû le dilapider. Étant père de famille, il faut qu’on nourrisse la famille. »

Payer les employés, honorer les factures des fournisseurs est devenu un casse-tête chinois. Tata Wadaye : « C’est à la fin du mois que je prends l’argent avec les parents. Ce que je prends du coup, je le distribue peu à peu aux fournisseurs. Pour ceux qui ont travaillé avec moi, vraiment ça fait pitié. »

C’est dans ce contexte que le gouvernement a annoncé une première série de mesures pour soutenir les opérateurs économiques. Pour ce qui concerne les petites et moyennes entreprises, elles ne paieront que la moitié de leurs impôts pour l’année en cours. Sauf que la plupart se sont déjà acquittés de la totalité. Mais le ministre des Finances et du budget, Tahir Hamid Nguilign assure que les paiements déjà effectués seront transformés en crédits d’impôt : « Pour ceux qui ont payé il y a le principe de l’équité fiscale. Ils ont un avoir qu’ils peuvent utiliser pour l’année prochaine avec pour seule réserve que ce ne soit pas des impôts où l’entreprise est collectaire légale. »

Mais pour les opérateurs économiques, 50% sur les impôts de l’année 2020 ne suffiront pas. N’Diya Gali Ramses a une option : « En janvier, on a déjà eu une crise et le corona est arrivé. On nous a dit que les six premiers mois seront payés à moitié. Si on pouvait annuler pour l’année 2020, cela pourrait nous aider un peu. Pendant ce temps on ne nous a pas brandit les factures d’électricité ou d’eau. Donc pour la suite, si le gouvernement veut vraiment nous aider, je ne vois que cette option. »

Alors que le Tchad prévoyait une croissance à plus de 3% en 2020, il devrait connaître une récession à cause de la pandémie.

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