Chronique des matières premières

La demande de gaz va continuer de croître selon le Forum des pays exportateurs

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Le logo du projet de gazoduc Nord Stream 2 sur un tuyau de l'usine de laminage de tuyaux de Tcheliabinsk appartenant au groupe ChelPipe à Tcheliabinsk en Russie, le 26 février 2020 (image d'illustration).
Le logo du projet de gazoduc Nord Stream 2 sur un tuyau de l'usine de laminage de tuyaux de Tcheliabinsk appartenant au groupe ChelPipe à Tcheliabinsk en Russie, le 26 février 2020 (image d'illustration). REUTERS - Maxim Shemetov

L’épidémie de Covid a porté un coup à la demande gazière mais le Forum des pays exportateurs de gaz voit toujours la part de cet hydrocarbure augmenter dans le bouquet énergétique mondial, malgré l’accélération de la transition énergétique.

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Le Forum des pays exportateurs de gaz le reconnaît : l’épidémie de Covid va ralentir un peu la croissance de la demande gazière, de -2,5% par rapport aux prévisions antérieures. Mais cette croissance va se poursuivre, étant donné les besoins en énergie d’une population toujours plus nombreuse. Selon ce club de onze États, sorte d’OPEP du gaz incluant la Russie, le Qatar, l’Iran et l’Algérie - mais pas les États-Unis, la demande gazière progressera de 50% d’ici 2050, à 5 920 milliards de m3. Elle doublera en Asie-Pacifique, bientôt première zone de consommation, et sera multipliée par deux et demi en Afrique.

Seule énergie fossile à croître

Le gaz, première source d’énergie dès le milieu des années 2040, sera donc la seule énergie fossile à continuer de croître, contrairement au pétrole et au charbon. Principaux secteurs de développement selon les rapporteurs : la production d’électricité et l’industrie. L’usage du gaz devrait aussi doubler dans les transports, avec un passage du fioul maritime au gaz liquéfié, déjà en cours dans le secteur maritime. À terre, les camions passeront plus facilement du diesel au gaz, qu’à l’électrique.

L’Asie s’éloigne du charbon

L’accélération de la transition énergétique, loin de nuire au gaz, devrait donc doper ce combustible. Pour s’éloigner du charbon, l’Inde n'a-t-elle pas annoncé 6 milliards de dollars d’investissements dans le gaz, augmentant de 25% ses objectifs ? En Chine, le gaz naturel est déjà une priorité des autorités et le nouveau marché carbone devrait encourager son essor. Les Philippines, le Vietnam, la Thaïlande, le Brésil promeuvent aussi le gaz.

Du gaz pour l’hydrogène

Quant au boum de l’hydrogène pour la mobilité ou le stockage de l’énergie, il devrait avantager considérablement le gaz, estime le Forum des pays exportateurs qui promet stabilité de l'offre et des prix avec 77% des réserves et des contrats à long terme. Associé à un captage des émissions de CO2, le gaz pourrait fournir la moitié de l’hydrogène, prévoient-il, devant l’électrolyse.

Comment financer les investissements ?

Principal obstacle à cet avenir radieux pour le gaz, reconnaît ce club des pays gaziers : la diminution des financements dans les énergies fossiles, y compris de la part de la Banque mondiale. Pourtant le Forum des pays exportateurs estime à 10 000 milliards de dollars les investissements nécessaires d’ici 2050, pour développer production et infrastructures gazières.

 

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